Partie 1 — Exercices de fixation
15 questions · Compréhension & Analyse
A. Compréhension — Réponses courtes
Q1 – Q10L'OUA (Organisation de l'Unité Africaine) a été créée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba (Éthiopie) par 32 États indépendants. Ses objectifs : renforcer l'unité et la solidarité des États africains, défendre leur souveraineté et intégrité territoriale, éliminer toutes formes de colonisation. Ses principes : égalité souveraine de tous les membres, non-ingérence dans les affaires intérieures des États, non-alignement à l'égard de tous les blocs.
L'OUA était devenue une institution lourde, inefficace et bureaucratique, minée par le manque de cohésion politique et d'intégration économique. C'est Mouammar Kadhafi (Libye) qui prit l'initiative de sa transformation. Le 09 septembre 1999, les chefs d'État adoptent la Déclaration de Syrte. L'acte constitutif de l'UA est adopté à Lomé le 11 juillet 2000. L'UA est officiellement créée le 09 juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud) avec Thabo M'Béki comme premier président et Essy Amara comme président de la Commission par intérim.
Les objectifs de l'UA sont entre autres : réaliser une plus grande unité et solidarité entre les pays africains ; défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale de ses membres ; accélérer l'intégration politique et socio-économique du continent ; promouvoir et défendre les positions africaines communes ; promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité ; coordonner et harmoniser les politiques entre les Communautés Économiques Régionales (CER) ; accélérer le développement par la recherche en science et technologie.
L'UA innove par rapport à l'OUA sur plusieurs principes fondamentaux. Elle maintient l'égalité souveraine et le règlement pacifique des conflits. Mais elle introduit la mise en place d'une politique de défense commune africaine. Elle remplace le principe de non-ingérence par le droit de l'Union d'intervenir dans un État membre sur décision de la Conférence dans certaines circonstances graves : crimes de guerre, génocide et crimes contre l'humanité. Elle condamne l'impunité, les assassinats politiques, les actes de terrorisme et les activités subversives.
(1) La Conférence : instance suprême, composée de tous les chefs d'État, réunit 2 fois/an, élit le président de l'UA (renouvelé chaque année, alternativement des 5 régions). (2) Le Conseil exécutif : 55 ministres des Affaires étrangères, décide des politiques communes, se réunit au moins 2 fois/an à Addis-Abeba. (3) Le COREP : organe consultatif du Conseil exécutif, prépare ses travaux, se réunit 1 fois/mois. (4) La Commission : autorité exécutive (8 membres : président, VP, 6 commissaires), mandat de 4 ans renouvelable une fois.
Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) est composé de 15 membres élus par la Conférence. Mis en place en 2004 par protocole ratifié, il a pour mission de prévenir et régler les conflits sur le continent, assure la reconstruction post-conflit et peut demander des missions de maintien de la paix. La décision d'intervention est prise par la Conférence sur recommandation du CPS. Le Parlement panafricain, composé de 275 députés (5 par pays dont au moins une femme), est un organe consultatif destiné à devenir l'organe législatif de l'UA. Son siège est à Midrand, Afrique du Sud.
(1) La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples (CAfDHP) : 11 juges, mandat 6 ans renouvelable, siège à Arusha (Tanzanie). (2) La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) : 11 membres, mandat 2 ans, siège à Banjul (Gambie), enquêtes sur violations des droits de l'Homme. (3) La CUADI (droit international) : 55 experts, révision des textes et traités. (4) Le CAEDBE (droits et bien-être de l'enfant) : 11 membres, 5 ans non renouvelable. (5) Le CCUAC (lutte contre la corruption).
Les trois institutions financières de l'UA sont toutes encore en projet : (1) La Banque Centrale Africaine (BCA) : chargée de la politique monétaire et de la création d'une monnaie commune, contrôle des banques centrales nationales. (2) La Banque Africaine d'Investissement (BAI) : calquée sur la BEI, stimuler la croissance économique, accélérer l'intégration régionale, assistance technique aux projets d'investissement. (3) Le Fonds Monétaire Africain (FMA) : intégration des économies africaines, coordination des politiques monétaires, autonomie financière de l'Afrique. Le FMA sera effectif quand les parlements d'au moins 15 pays ayant souscrit au capital l'auront ratifié.
(1) MUAS/MINUAD (Darfour, 2007) : première mission armée de l'UA au Soudan, devenue mission hybride UA-ONU. (2) MAES (Comores, 2007) : intervention militaire sur l'île d'Anjouan pour déloger Mohamed Bacar. (3) AMISOM (Somalie, 2007) : soutien aux institutions fédérales transitoires somaliennes. (4) ICR/LRA (Ouganda, 2011) : lutte contre l'Armée de Résistance du Seigneur en Afrique Centrale. (5) MISMA (Mali, 2012) : mission de soutien au Mali, terminée le 1er juillet 2013 avec la mise en place de la MINUSMA.
Acquis : passage de l'OUA au droit d'intervention, missions de paix réussies (Comores, Mali), revendication de 8 territoires africains occupés (2004), augmentation du budget (150M$ en 2011 → 636M$ en 2021), NEPAD, ZLECAF (2019, Niamey). Limites : désaccords persistants entre chefs d'État, absence d'autorité de la Commission, coups d'État et violations constitutionnelles non enrayés, terrorisme en expansion (AQMI, Boko Haram, Al-Shebab), budget financé à plus de 70 % par les puissances occidentales, échanges inter-africains à seulement 12 %, surendettement des États, institutions financières encore en projet.
B. Analyse — Réponses développées
Q11 – Q15Rédigez votre réponse (6 à 10 lignes) puis comparez au corrigé.
Le passage de l'OUA à l'UA est motivé par un constat d'échec partagé. Après plus de trois décennies, l'OUA était minée par le manque de cohésion politique et d'intégration économique et des faiblesses structurelles profondes. Dans un monde marqué par la mondialisation et les grandes intégrations régionales (UE, ALENA...), maintenir une organisation obsolète n'était plus viable. C'est Kadhafi qui prit l'initiative, conduisant à la Déclaration de Syrte (1999), l'acte constitutif de Lomé (2000) et la création officielle à Durban (2002).
Les innovations majeures sont considérables. Sur le plan institutionnel : l'UA s'inspire de l'UE avec une Commission, un Parlement, une Cour de justice et des institutions financières. Sur le plan politique : le principe de non-ingérence est remplacé par le droit de non-indifférence — l'UA peut désormais intervenir dans un État membre en cas de crimes de guerre, génocide ou crimes contre l'humanité. C'est une révolution conceptuelle majeure pour une organisation africaine. Sur le plan économique : le NEPAD, la ZLECAF et les institutions financières projetées visent à accélérer l'intégration économique continentale.
Rédigez votre réponse (6 à 10 lignes) puis comparez au corrigé.
L'UA dispose d'une architecture institutionnelle calquée sur l'UE. Au sommet, la Conférence des chefs d'État (instance suprême, 2 sessions/an, président tournant annuel des 5 régions). En dessous, le Conseil exécutif (55 ministres des AE, politiques communes) assisté du COREP (organe consultatif préparant ses travaux, réunion mensuelle). La Commission (8 membres, mandat 4 ans) exerce l'autorité exécutive — présidée par Mahamoud Ali Youssouf en 2026. Ces organes siègent tous à Addis-Abeba.
Sur le plan sécuritaire, le CPS (15 membres, créé 2004) prévient et règle les conflits. Le Parlement panafricain (275 députés, Midrand/Afrique du Sud) est un organe consultatif appelé à devenir législatif. Les institutions judiciaires comprennent la CAfDHP (Arusha/Tanzanie), la CADHP (Banjul/Gambie) et la CUADI. Les trois institutions financières (BCA, BAI, FMA) restent en projet, ce qui illustre les limites de l'intégration économique concrète.
Rédigez votre réponse (6 à 10 lignes) puis comparez au corrigé.
Contrairement à l'OUA paralysée par le principe de non-ingérence, l'UA a démontré une volonté d'action sur le terrain des conflits. Ses cinq missions principales sont : MUAS/MINUAD (Darfour, 2007 — en cours), MAES (Comores, 2007 — achevée avec succès), AMISOM (Somalie, 2007 — en cours), ICR/LRA (Ouganda, 2011 — en cours) et MISMA (Mali, 2012 — achevée). Ces missions illustrent la capacité de l'UA à déployer des forces armées et à coordonner des interventions régionales.
Évaluation : Les résultats sont mitigés. Les succès sont réels (Comores, Mali). Mais la multiplication des foyers de conflits (Somalie, Darfour, Libye, RDC, Tigré) montre que l'UA peine à prévenir les crises avant qu'elles n'éclatent. Elle n'arrive pas à juguler la montée des mouvements terroristes (AQMI, Boko Haram, Al-Shebab). Ces insuffisances s'expliquent en partie par le manque de ressources financières propres (budget financé à 70% par les puissances occidentales) et les désaccords politiques entre États membres.
Rédigez votre réponse (6 à 10 lignes) puis comparez au corrigé.
Sur le plan économique, les avancées de l'UA sont réelles mais insuffisantes. L'augmentation régulière du budget (de 150 millions de dollars en 2011 à 636 millions en 2021) témoigne d'un rôle croissant. L'appropriation du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement Économique) fournit un cadre stratégique pour le développement. La participation aux projets d'infrastructures via la BAD (routes, écoles...) contribue au développement socioéconomique des États membres.
L'initiative majeure est la ZLECAF (Zone de Libre-échange Continentale Africaine), lancée officiellement en juillet 2019 à Niamey, ratifiée par plus de 40 pays. Elle vise à créer un marché continental unique pour stimuler le commerce intra-africain et la croissance. Mais des limites structurelles persistent : échanges inter-africains à seulement 12%, surendettement des États, pluralité monétaire freinant la libre circulation, impuissance face à la famine dans la Corne d'Afrique et au Sahel. Ces insuffisances révèlent l'écart entre les ambitions institutionnelles de l'UA et les réalités économiques du continent.
Rédigez votre réponse (6 à 10 lignes) puis comparez au corrigé.
Les insuffisances de l'UA révèlent trois niveaux de défis. Sur le plan politique et institutionnel : les désaccords persistants entre chefs d'État lors des crises continentales, l'absence d'autorité réelle de la Commission, la résistance de certains États aux résolutions de l'UA, et surtout la persistance des coups d'État et violations constitutionnelles montrent que le principe de non-indifférence reste difficilement applicable. Les influences extérieures (blocs francophone, anglophone, arabophone) fragmentent les positions africaines communes.
Sur le plan financier et économique : le fait que 70% du budget soit financé par les puissances occidentales traduit une dépendance structurelle qui limite l'autonomie d'action de l'UA. Les retards dans les cotisations des États membres, la mauvaise gouvernance au sein des organes de l'UA (démission de Daniel Batidam du CCUAC en 2018), et le faible niveau des échanges intra-africains (12%) illustrent que l'intégration économique reste superficielle. Sur le plan stratégique : l'incapacité à endiguer le terrorisme sahélien et les naufrages de migrants en Méditerranée montrent que l'UA peine à s'imposer comme acteur stratégique continental face aux défis sécuritaires du XXIe siècle.
Partie 2 — QCM (12 questions)
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Partie 2 — Vrai / Faux (12 questions)
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Partie 2 — Appariements (5 exercices)
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Exercice 1 — Reliez chaque date clé à l'événement correspondant dans l'histoire de l'UA.
Exercice 2 — Reliez chaque institution de l'UA à son siège géographique.
Exercice 3 — Reliez chaque organe de l'UA à son rôle.
Exercice 4 — Reliez chaque mission de paix de l'UA à son contexte.
Exercice 5 — Reliez chaque insuffisance de l'UA à sa catégorie.
Partie 2 — Textes à trous (6 exercices)
Complétez puis cliquez Vérifier
L'OUA a été créée le 25 mai à par 32 États africains. C'est le président libyen qui prit l'initiative de transformer l'OUA. La Déclaration de de 1999 demanda la création de l'UA. L'UA a été officiellement créée en à Durban.
L'acte constitutif de l'UA a été adopté à le 11 juillet . Le premier président de l'UA fut . fut le premier président de la Commission par intérim. La cérémonie officielle de création eut lieu à en Afrique du Sud.
L'instance suprême de l'UA est la . Le Conseil exécutif est composé de ministres des Affaires étrangères. La exerce l'autorité exécutive avec 8 membres. Le prépare les travaux du Conseil exécutif. Le a pour mission de prévenir et régler les conflits.
Le Parlement panafricain siège à en Afrique du Sud. Il est composé de députés. La CAfDHP siège à en Tanzanie. La CADHP siège à en Gambie. La Commission est élue pour un mandat de ans renouvelable une fois.
La première mission armée de l'UA au Darfour date de . La MAES est intervenue sur l'île d' aux Comores pour déloger Mohamed Bacar. L'AMISOM soutient les institutions fédérales en . L'ICR lutte contre la en Afrique Centrale. La MISMA s'est terminée avec la mise en place de la .
La vise à créer un marché continental unique pour stimuler le commerce intra-africain. Le budget de l'UA a atteint millions de dollars en 2021. Les échanges intra-africains représentent seulement % du commerce du continent. Le budget est financé à plus de % par les puissances occidentales. La ZLECAF a été lancée à au Niger en 2019.
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