le lézard jaune

La chasse commence. Tous les hommes de  »Féléni » prennent leurs fusils, leur lances, leurs arcs et leurs flèches la grande plaine de  »Fouaba » est aujourd’hui le lieu de rencontre de tous les chasseurs. Seuls, Hassane et Hamed, deux frères, restent au village avec les femmes.

– Moi aussi je veux chasser dit Hamed.

– Bonne idée, répond Hassane. Allons derrière le village, là je suis sûr que nous trouverons des oiseaux et des rats.

– Moi, je fabrique un arc et des flèches.

– Pendant que tu fabriques les armes, je vais chercher mon lance-pierre.

Un peu plus tard, les deux enfants se retrouvent au pied du gros baobab.

– Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Dit Hamed, il n’y a pas un seul oiseau.

– Cherchons les rats entre les racines.

Soudain, un petit animal jaune se met à courir dans les feuilles mortes.

-Regarde, crie Hassane, un lézard.

– Oh! Qu’il est beau ! As-tu déjà vu un lézard jaune?

– Non! Ça alors ! Un lézard jaune…

– Attrapons-le, nous le montrerons à tout le monde.

– Attention ! Il se sauve.

Une pierre et une flèche partent et voilà le lézard immobile.

-Oh! Nous l’avons tué, dit Hassane.

Maintenant le lézard est mort. Une grosse voix résonne :

 Pourquoi avez-vous tué mon lézard jaune ? Que vous a t-il fait ?

– Qui nous parle comme ça ? demande Hamed.

 C’est moi Souba, le génie du baobab. Puisque vous avez tué mon lézard jaune, il me faut votre vie : je vais vous tuer.

– Pardonne-nous, Souba, nous ne savions pas.

– Ou je vous tue, ou vous me trouvez un autre lézard jaune. dit Souba.

– Où trouverons-nous un lézard jaune ? C’est la première fois que nous en voyons un, disent les enfants.

– Il existe encore un lézard jaune. Il appartient à  »Sangolo », le génie de la montagne. Vous avez neuf mois pour me l’apporter. Sinon, je prendrai votre vie.

Les enfants rentrent au village, et le soir même racontent à leur père leur aventure.

– La seule personne qui puisse vous aider, dit le père, c’est le vieux Samba qui habite près de la montagne  »Couroufi »; c’est un très vieux chasseur, il connaît beaucoup de choses. Allez le voir, c’est un de mes amis. Il vous dira comment trouver un lézard. (…)

– J’ai entendu parler du lézard jaune, répond Samba

 Beaucoup de personnes ont essayé d’avoir cet animal, mais personne n’a jamais réussi. Le lézard jaune donne la richesse et le bonheur. Celui qui le possède ne connaîtra jamais un seul jour de pauvreté. Vous avez du courage ?

– Oh! Oui!

– Alors, allez chez la vieille Gbaga. Elle habite près du lac Koba sur une colline. Prenez ce poisson séché et cette ficelle: ils seront utiles.

Les enfants partent en remerciant Samba

Les enfants quittent Samba. Ils se mettent en route pour le lac Koba. Pendant trois jours et trois nuits, ils marchent. Ils supportent avec courage les piqûres d’insectes : fourmis rouges, taons, moustiques, fourmis magnans. Souvent ils s’arrêtent, fatigués, coupent des branches et construisent une cabane pour se reposer. Le soir du quatrième jour, ils arrivent au bord du lac  » Koba », mais la case de Gbaga est de l’autre côté du lac.

– Comment allons-nous traverser ce lac? Demande Hamed.

– Mettez-moi dans l’eau, répond le poisson séché, je suis là pour vous aider.

Une fois dans l’eau, le poisson séché grandit grandit… et se transforme en un énorme poisson. Les enfants sautent sur son dos et le poisson commence à nager lentement. Les crocodiles et les hippopotames se sauvent. Tous les poissons suivent en silence nos amis.

Arrivé de l’autre côté du lac, le grand poisson dit :  »Mon travail est terminé. Que Dieu guide vos pas ». Puis il disparaît.

Les deux enfants se dirigent vers la colline. Au pied de la colline, Hassane dit :  »Comment allons-nous arriver au sommet ? »

– Maintenant c’est mon tour, dit la ficelle. Posez-moi à terre et asseyez-vous sur moi.

Les enfants obéissent et aussitôt, la ficelle grandit et emporte les enfants au sommet de la colline.

Les enfants sont maintenant arrivés au sommet de la colline. Soudain, ils entendent une grosse voix:  »Qui vient me déranger dans ma demeure ? » demande Gbaba en colère,  »j’ai quitté les hommes pour vivre en paix et vous voilà ici… »

Effrayés, les enfants se serrent l’un contre l’autre.

 Excuse-nous Gbaba; mais nous avons besoin de ton aide.

– Attention ! Avant de vous aider, reprend Gbaba, je dois vous punir. Donnez-moi la vie de votre père ou celle de votre mère. Choisissez !

– Oh! Gbaka, reprend Hassane, je suis l’aîné des enfants de ma famille ; Hamed est mon petit frère. Je te donne ma vie, mais laisse mes parents vivre et aide mon frère à trouver le lézard jaune.

– Nos parents n’ont rien fait, dit Hamed. J’aime mon père autant que ma mère : je ne peux pas choisir. Je veux plus vivre si mon frère meurt pour moi. Souba, le génie du baobab veut déjà nous tuer. Mort pour mort, je te donne ma vie, mais ne tue pas ma famille.

Gbaka dit aux deux garçons :  » c’est un plaisir d’entendre de si bonnes paroles de la bouche d’enfants. Venez, enfants courageux, dites-moi ce que vous voulez. Je ne vous veux pas de mal. »

Hassane et Hamed racontent toute leur histoire.

– je suis l’amie de Sangalo, dit Gbaga. Je sais comment arriver chez lui. Mais avant de vous aider, je veux que vous m’apportez la queue de  »Sangaba » le vieux buffle.

– Où trouverons-nous Sangaba? Demande Hassane.

– Il est toujours près de la forêt. Voici un balai, un caillou et un œuf. Ces objets vous seront utiles. Au premier ennui, jetez le balai, au deuxième ennui, lancez le caillou et au troisième ennui, cassez l’œuf. Allez mes enfants et que Dieu vous protège.

Hamed prend le balai, le caillou et l’œuf, et Hassane, un couteau. Deux jours après, les enfants arrivent près de la forêt. Ils voient le troupeau, lentement et s’approchent courageusement de la queue de Sangaba. D’un coup sec, Hassane coupe la queue du buffle. Les enfants se sauvent vers Gbaga mais tout le troupeau conduit par Sangaba les poursuit! Que va-t-il leur arrivée?

Arrivé près des enfants, Sangaba dit:  »vous m’avez coupé la queue. Attention ! Un buffle sans queue est très dangereux. »

– Lance le balai, dit Hassane à Hamed.

Quand le balai touche le sol, une forêt de lianes se dresse entre les enfants et les buffles. Mais ceux-ci abattent cette forêt et poursuivent de nouveau les enfants.

– Jette le caillou, dit Hassane. Le caillou devient une très haute montagne. Mais quelques instants après, le troupeau arrive près des deux enfants.

– Casse l’oeuf, s’écrie Hassane .

De l’œuf cassé sort un oiseau qui grandit, grandit… Les enfants montent sur le dos de l’énorme oiseau. Celui-ci ouvre les ailes et s’envole. Sangaba, en colère, gratte le sol et soulève un nuage de poussière.

Comme un avion, l’oiseau vole au-dessus de la terre. Les enfants, étonnés, admirent les rivières, les forêts et les montagnes.

– Regarde en bas, ce village dit Hassane.

– Comme il semble petit.

– N’oublions pas notre lézard jaune, dit Hassane.

Après des heures de vol, l’oiseau dépose Hassane et Hamed chez la vieille Gbaga.

– Vous avez été courageux, dit Gbaga.

La vieille trempe la queue du buffle dans des racines bouillantes et la remet aux enfants.

– Prenez cette queue, dit-elle ; allez au pied du mont  » Couroudjan »; là, se trouve un grand baobab, frappez-le trois fois avec la queue, une porte s’ouvrira. C’est là qu’habite Sangolo, le génie qui a un lézard jaune.

Hassane et Hamed remercient la vielle Gbaga et se dirigent vers le mont  »Couroudjan »

Après plusieurs jours et plusieurs nuits de marche, Hassane et Hamed arrivent au pied du mont Couroudjan. Avec la queue du buffle, Hassane frappe trois fois le tronc de l’arbre. Une porte s’ouvre et, ô surprise, les deux enfants se trouvent devant une ville construite de pierres précieuses. Ils sont conduits devant Sangolo.

– Pour arriver jusqu’ici, il vous a fallu beaucoup de courage, dit Sangolo. Que venez-vous faire ici ?

Les enfants racontent leurs aventures à Sangolo.

– Je ne peux pas vous donner cet animal maintenant, reprend Sangolo. Mais, si vous réussissez à trouver le nom des trois dents que j’ai dans la bouche, je vous le laisserai. Vous avez deux jours pour réfléchir.

– Notre voyage s’arrête là, dit Hamed. Nous ne trouverons jamais ces noms.

– Ne nous décourageons pas, dit Hassane. Allons réfléchir sous l’arbre, l’air frais nous donnera des idées.

Les enfants vont s’asseoir au pied du baobab. Soudain, ils entendent un chat miauler.

– Allons voir ce qui se passe, du Hamed.

Ils voient un gros serpent qui veut avaler le chat.

– Pauvre chat ! aidons-le, dit Hassane.

Les enfants tuent le serpent.

– Vous m’avez sauvé la vie dit le chat; je vous récompenserai. Que puis-je faire pour vous ?

– Nous cherchons le nom de chacune des dents de Sangolo.

– Je peux vous aider, dit le chat. J’étais le fidèle ami de Sangolo; maintenant, il m’a chassé parce que je suis trop vieux. Je connais tous ses secrets. Venez, je vais vous les apprendre.

Quelques instants après, Hassane et Hamed sont à nouveau chez Sangolo.

– Déjà de retour ? S’écrie Sangolo. Je vous écoute.

– Ta molaire s’appelle :  »L’ivrogne n’a pas de secret ».

Ta canine s’appelle :  » L’homme est toujours victime de la trahison des siens ».

Et l’incisive s’appelle :  »On ne peut avoir confiance qu’en son fils ».

Bravo! S’écrie Sangolo

– Bravo! s’écrie Sangolo. Vous avez bien mérité mon lézard jaune. Je vous l’ai promis. Donc je vous le donne.

Le soir du trentième jour du neuvième mois, les enfants vont chez Souba, le génie du baobab.

– Nous sommes de retour, Souba, disent ensemble Hassane et Hamed. Voici le lézard jaune.

– Vous avez eu beaucoup de courage. C’est très bien. Maintenant, vous avez vu beaucoup de choses qui vous serviront durant toute votre vie. Mais souvenez-vous de ceci: ne tuez jamais par plaisir et ne touchez pas à ce qui ne vous appartient pas. N’oubliez pas les paroles. Je vous laisse le lézard jaune, gardez-le et vivez heureux.

FIN

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